Photographie

Iran Insight: un oeil photographique sur le Khorasan

Middle of Nowhere
Série Street Khorasan, 2013

A la Galerie de la Maison des Initiatives Etudiantes, à Paris, la jeune photographe franco-iranienne Rox Khorasani nous ouvre les yeux sur sa région d’origine : le Khorasan. Un voyage à la fois naturaliste et poétique, à la rencontre non de silhouettes, mais de personnes dont l’âme vibre sur les images. Interview.

Comment es-tu arrivée à la photographie ?

C’est l’Iran qui a inspiré mes premiers clichés, à 17 ans. Mon père est né à Mashhad, seconde plus grande ville du pays, et important lieu de pèlerinage. Le 8e imam du chiisme duodécimain, Rezâ, y est enterré. C’est une ville méconnue des voyageurs occidentaux.

 

Sans titre
Série Achoura Mashhad, 2013

Quels sont ta méthode et le but de ton travail ?

J’ai toujours utilisé un appareil photo numérique. Je n’ai pas encore de grandes connaissances techniques, mais je pense avoir un ‘regard’, je repère bien les choses. Mon intention est de témoigner d’une autre réalité de mon pays, d’une richesse culturelle, humaine et de montrer l’inaccessible. Je suis assez déçue par la vision caricaturale véhiculée par les médias en France, bien que l’opinion commence à évoluer depuis la signature des accords sur le nucléaire iranien (juillet 2015, ndlr). Ma démarche est apolitique.

Sans titre
Série Street Mashhad, 2013

Quelles photographies ont particulièrement marqué le public lors du vernissage parisien ?

Les deux images du couple lors de leur mariage. Il s’agit de membres de ma famille. Les clichés ont la vie dure au sujet du mariage islamique : en Iran, le divorce est autorisé par l’islam chiite, bien que difficile à obtenir si la demande émane de l’épouse. Le taux de désunion en Iran est assez élevé (un mariage sur quatre à Téhéran, source women.ncr-iran.org, ndlr).

Gholam Gorbeh
Série Keshmoon Qaen, 2016

Pourquoi avoir choisi de photographier les agriculteurs de safran ?

Le Khorasan est la première région productrice de safran au monde. Je souhaite rendre hommage aux paysans qui le récoltent et faire connaître une plate-forme de commerce équitable qui encourage la permaculture, Keshmoon. Le safran est une des solutions aux problèmes de sécheresse dont souffre la région car sa production demande relativement peu d’eau.

Masoumeh
Série Keshmoon Qaen, 2016

Ton exposition évoque une autre initiative écologique, les écoles de la nature. Cette question est-elle importante pour toi ?

Oui, cela rejoint mon intention de montrer au public français une image positive, moderne et complexe de l’Iran. J’ai choisi ce sujet par conviction : je me suis engagée auprès de ces écoles qui permettent aux enfants de Masshad d’apprendre à respecter l’environnement. Comme en France, les enfants des grandes villes iraniennes sont coupés de la terre.

Exposition de photographie Iran Insight à la Maison des Initiatives étudiantes. 50 rue des Tournelles, Paris 3e. Entrée libre jusqu’au 21 mars 2017.

Voir l’article sur le site Onorient.

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s