Sculpture

Simone Fattal: centaures, taureaux, mythes

Simone Fattal, la Reine de Tyr, bronze, 2008

Primitifs, nus, errants, tels sont les personnages aux figures muettes, droits comme des colonnes antiques, que l’on peut croiser parmi les sculptures de Simone Fattal. L’artiste syrienne sculpte la terre cuite et le fer pour élaborer une réflexion sur les mystères des mythes et des origines.

La force des sculptures de Simone Fattal est sans doute d’explorer les techniques de la création archaïque. Son œuvre évoque l’art pré-mésopotamien comme vecteur puissant de concepts universels. L’expérience de son travail est des plus troublantes car rien ne semble distinguer la plupart des pièces de terre cuite et de bronze, créées par l’artiste, de certaines œuvres antiques exposées dans les musées archéologiques. Rien ne permet de deviner non plus, sans les titres – et encore -, quel est le pays d’origine de ces œuvres, ni si elles ont été conçues par un homme ou par une femme. Simone Fattal est bien au-dessus des étiquettes, à la recherche d’une ‘âme antique’, à la fois incompréhensible et pourtant, grâce à ses œuvres, palpable.

S’il est permis de trouver des repères dans les œuvres de Simone Fattal, c’est grâce à ses titres, empruntés à la mythologie du Proche-Orient. On croisait ainsi dans sa dernière exposition ‘La reine de Tyr’, trois formes de femmes qui émergent d’une large coulée de bronze poli, comme une métaphore de la création.

Simone Fattal, Retour de Guerre, terre cuite, 2008

Un peu plus loin, c’est la sculpture de terre cuite ‘Astarté’, la déesse de la fertilité, à mi-chemin entre forme organique et humaine, qui fait directement référence à l’antiquité phénicienne. A côté, ce sont les  mythes  grecs qui vient à l’esprit, alors qu’apparaissent des esquisses de formes de centaures et de taureaux.

Simone Fattal, Sailor, Terre cuite, 2008

Dans une autre pièce, une sculpture épurée, évoquant une stèle funéraire antique (‘Stèle’, 2008), est gravée de lettres arabes: la boucle est bouclée. Pourtant, si les œuvres de la sculptrice évoquent le mystère des origines de l’homme, celui-ci n’est pas résolu. En faisant ainsi appel aux limites de notre raison et de notre imagination, l’artiste fait preuve d’une grande modernité.

Simone Fattal, Gaza, Bronze et Terre cuite, 2008

Florence Thireau

A savoir

Née à Damas en 1942, Simone Fattal étudie la philosophie à l’Ecole des lettres de Beyrouth et à la Sorbonne, avant de s’engager dans une carrière de peintre. Au début des années 1970, elle fréquente Dar el-Fan de Janine Rubeiz, à Beyrouth, en tant que peintre, photographe et écrivain. En 1989, alors expatriée aux Etats-Unis, l’artiste se tourne vers l’écriture et vers la sculpture qu’elle pratique à l’Art Institute de San Francisco. En 1993, une rétrospective de ses peintures est organisée à Dar El-Nadwa, à Beyrouth. En 1994, elle participe à l’exposition itinérante ‘Forces of Changes, Women Artists From the Arab World’ à Washington. Ses sculptures ont récemment été exposées en France, en Allemagne, en Angleterre et en Californie. Simone Fattal exposera au Beirut Exhibition Centre en Juin 2011.

Lire l’article sur le site de l’Agenda Culturel 

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